SOCKET(7) Manuel du programmeur Linux SOCKET(7)

socket – Interface Linux aux sockets

#include <sys/socket.h>
sockfd = socket(int famille_socket, int type_socket, int protocole);

Cette page de manuel documente l'interface utilisateur de l'implémentation Linux des sockets réseau. Les sockets compatibles BSD représentent l'interface uniforme entre le processus utilisateur et les piles de protocoles réseau dans le noyau. Les modules des protocoles sont regroupés en familles de protocoles tels que AF_INET, AF_IPX et AF_PACKET, et en types de sockets comme SOCK_STREAM ou SOCK_DGRAM. Consultez socket(2) pour plus d'informations sur les familles et les types de sockets.

Ces fonctions servent au processus utilisateur pour envoyer ou recevoir des paquets et pour faire d'autres opérations sur les sockets. Pour plus de détails, consultez leurs pages de manuel respectives.

socket(2) crée un socket, connect(2) connecte un socket à une adresse de socket distant, la fonction bind(2) attache un socket à une adresse locale, listen(2) indique au socket que de nouvelles connexions doivent être acceptées et accept(2) est utilisé pour obtenir un nouveau socket avec une nouvelle connexion entrante. socketpair(2) renvoie deux sockets anonymes connectés (seulement implémentée pour quelques familles locales comme AF_UNIX).

send(2), sendto(2) et sendmsg(2) envoient des données sur un socket, et recv(2), recvfrom(2) et recvmsg(2) reçoivent les données d’un socket. poll(2) et select(2) attendent que des données arrivent ou que l'émission soit possible. De plus, les opérations d'entrée-sortie standard comme write(2), writev(2), sendfile(2), read(2) et readv(2) peuvent être utilisées pour la lecture et l'écriture des données.

getsockname(2) renvoie l'adresse du socket local et getpeername(2) renvoie l'adresse du socket distant. getsockopt(2) et setsockopt(2) servent à définir et à obtenir les options de la couche socket ou du protocole. ioctl(2) peut être utilisée pour lire et écrire d'autres options.

close(2) sert à fermer un socket. shutdown(2) ferme une partie des connexions d'un duplex intégral de socket.

La recherche ou l'utilisation de pread(2) ou pwrite(2) avec une position différente de zéro n'est pas possible sur les sockets.

Des opérations d'entrée-sortie non bloquantes sur les sockets sont possibles en définissant l'attribut O_NONBLOCK du descripteur de fichier du socket avec fcntl(2). Toutes les opérations qui devraient normalement bloquer se terminent alors avec l'erreur EAGAIN (l'opération devra être retentée ultérieurement). connect(2) renverra l'erreur EINPROGRESS. L'utilisateur peut alors attendre divers événements avec poll(2) ou select(2).

Événements E/S
Évènement Indicateur d’état Occurrence
Lecture POLLIN Arrivée de nouvelles données.
Lecture POLLIN Une connexion a été réalisée (pour les sockets orientés connexion)
Lecture POLLHUP Une demande de déconnexion a été initiée par l'autre extrémité.
Lecture POLLHUP Une connexion est rompue (seulement pour les protocoles orientés connexion). Lorsque le socket est écrit, SIGPIPE est aussi envoyé.
Écriture POLLOUT Le socket a assez de place dans le tampon d'émission pour écrire de nouvelles données.
Lect./Écrit. POLLIN | POLLOUT Un connect(2) sortant a terminé.
Lect./Écrit. POLLERR Une erreur asynchrone s'est produite.
Lect./Écrit. POLLHUP Le correspondant a clos un sens de communication.
Exception POLLPRI Arrivée de données urgentes. SIGURG est alors envoyé.

Une alternative à poll(2) et select(2) est de laisser le noyau informer l'application des événements par l'intermédiaire d'un signal SIGIO. Pour cela, l'attribut O_ASYNC doit être défini sur un descripteur de fichier du socket à l’aide de fcntl(2) et un gestionnaire de signal valable pour SIGIO doit être installé avec sigaction(2). Consultez les remarques sur les Signaux ci-dessous.

Chaque domaine de socket a son propre format pour les adresses de socket, avec une structure d'adresse propre. Chacune de ces structures commence par un champ d’entier « family » (famille), de type sa_family_t, qui indique le type de structure d'adresse. Cela permet aux appels système génériques à tous les domaines de socket (par exemple connect(2), bind(2), accept(2), getsockname(2), getpeername(2)) de déterminer le domaine d'une adresse de socket donnée.

Le type struct sockaddr est défini afin de pouvoir passer n'importe quel type d'adresse de socket aux interfaces dans l'API des sockets. Le but de ce type est purement d'autoriser la conversion de types d'adresse de socket propres à un domaine vers le type « générique », afin d'éviter les avertissements du compilateur au sujet de la non correspondance de type dans les appels de l'API des sockets.

De plus, l'API des sockets fournit le type de données struct sockaddr_storage. Ce type est fait pour contenir toute structure d'adresse de socket spécifique à un domaine. Il est suffisamment grand et est aligné correctement (en particulier, il est assez grand pour contenir des adresses de socket IPv6). Cette structure contient le champ suivant, qui peut être utilisé pour identifier le type d'adresse de socket effectivement stockée dans la structure :



sa_family_t ss_family;

La structure sockaddr_storage est utile dans les programmes qui doivent prendre en charge les adresses de socket de manière générique (par exemple les programmes qui doivent gérer à la fois des adresses de socket IPv4 et IPv6).

Les options de socket présentées ci-dessous peuvent être définies en utilisant setsockopt(2) et lues avec getsockopt(2) avec le niveau de socket positionné à SOL_SOCKET pour tous les sockets. Sauf mention contraire, optval est un pointeur vers un int.

Renvoyer une valeur indiquant si le socket a été déclaré comme acceptant ou non les connexions à l'aide de listen(2). La valeur 0 indique que le socket n'est pas à l’écoute et la valeur 1 indique que le socket l’est. Cette option de socket peut être seulement lue.
Attacher un programme BPF classique (SO_ATTACH_FILTER) ou un programme BPF étendu (SO_ATTACH_BPF) au socket pour une utilisation comme filtre dans les paquets entrants. Un paquet sera abandonné si le programme de filtrage renvoie zéro. Si le programme de filtrage renvoie une valeur différente de zéro qui est moindre que la taille des données du paquet, celui-ci sera tronqué à la taille renvoyée. Si la valeur renvoyée par le filtre est supérieure ou égale à la taille des données du paquet, le paquet est autorisé à continuer non modifié.
L’argument pour SO_ATTACH_FILTER est une structure sock_fprog, définie dans <linux/filter.h> :

struct sock_fprog {

unsigned short len;
struct sock_filter *filter; };

L’argument pour SO_ATTACH_BPF est un descripteur de fichier renvoyé par l’appel système bpf(2) et doit référer à un programme de type BPF_PROG_TYPE_SOCKET_FILTER.
Ces options peuvent être définies plusieurs fois pour un socket donné, remplaçant à chaque fois le programme de filtre précédent. Les versions classiques et étendues peuvent être appelées sur le même socket, mais le filtre précédent sera toujours remplacé de telle façon qu’un socket n’aura jamais plus d’un filtre défini.
Les versions BPF classique et étendue sont expliquées dans le fichier source du noyau, Documentation/networking/filter.txt
Pour une utilisation avec l’option SO_REUSEPORT, ces options permettent à l’utilisateur de définir un programme BPF classique (SO_ATTACH_REUSEPORT_CBPF) ou étendu (SO_ATTACH_REUSEPORT_EBPF) qui précise comment les paquets sont assignés aux sockets dans le groupe de réutilisation de port (c’est-à-dire tous les sockets qui ont SO_REUSEPORT activé et qui utilisent la même adresse locale pour recevoir des paquets).
Le programme BPF doit renvoyer un indice entre 0 et N-1 représentant le socket qui doit recevoir le paquet (où N est le nombre de sockets dans le groupe). Si le programme BPF renvoie un indice non valable, la sélection du socket reviendra au mécanisme strict SO_REUSEPORT.
Les sockets sont numérotés dans l’ordre dont ils sont ajoutés dans le groupe (c’est-à-dire l’ordre des appels bind(2) pour les sockets UDP ou l’ordre des appels listen(2) pour les sockets TCP). Les nouveaux sockets ajoutés à un groupe de réutilisation de port hériteront du programme BPF. Quand un socket est supprimé d’un groupe de réutilisation (à l’aide de close(2)), le dernier socket sera déplacé dans la position du socket fermé.
Ces options peuvent être définies à plusieurs reprises n’importe quand sur n’importe quel socket dans le groupe pour remplacer le programme BPF en cours utilisé par tous les sockets du groupe.
SO_ATTACH_REUSEPORT_CBPF prend le même type d’argument que SO_ATTACH_FILTER et SO_ATTACH_REUSEPORT_EBPF prend le même argument type que SO_ATTACH_BPF.
La prise en charge d’UDP pour cette fonctionnalité est disponible depuis Linux 4.5. La prise en charge de TCP est disponible depuis Linux 4.6.
Attacher ce socket à un périphérique donné, tel que « eth0 », comme indiqué dans le nom d'interface transmis. Si le nom est une chaîne vide ou si la longueur de l'option est nulle, le socket est détaché du périphérique. L'option transmise est une chaîne de longueur variable terminée par un octet NULL, contenant le nom de l'interface, la longueur maximale étant IFNAMSIZ. Si un socket est attaché à une interface, seuls les paquets reçus de cette interface particulière sont traités par le socket. Cela ne fonctionne que pour certains types de socket, en particulier les sockets AF_INET. Cela n'est pas géré pour les sockets paquet (utilisez pour cela bind(2)).
Avant Linux 3.8, cette option de socket pouvait être configurée, sans pouvoir être lue par getsockopt(2). Depuis Linux 3.8, elle est lisible. Le paramètre optlen doit contenir la taille du tampon destiné à recevoir le nom du périphérique et il est recommandé d'être de IFNAMSZ octets. La véritable longueur du nom du périphérique est renvoyée dans le paramètre optlen.
Définir ou lire l'attribut de diffusion. Une fois activé, les sockets de datagrammes sont autorisés à envoyer des paquets à une adresse de diffusion. Cette option n'a aucun effet sur les sockets orientés flux.
Activer la compatibilité BSD bogue-à-bogue. Cela est utilisé par le module du protocole UDP de Linux 2.0 et 2.2. Si cette compatibilité est activée, les erreurs ICMP reçues pour un socket UDP ne seront pas transmises au programme utilisateur. Dans les versions récentes du noyau, la gestion de cette option a été abandonnée progressivement : Linux 2.4 l'ignore silencieusement et Linux 2.6 génère une alerte noyau (printk()) si le programme utilise cette option. Linux 2.0 activait également les options de compatibilité BSD bogue-à-bogue (modification aléatoire des en-têtes, non prise en compte de l'attribut de diffusion) pour les sockets bruts ayant cette option, mais cela a été éliminé dans Linux 2.2.
Activer le débogage de socket. Cela n'est autorisé que pour les processus ayant la capacité CAP_NET_ADMIN ou un identifiant d'utilisateur effectif égal à 0.
Ces deux options, qui sont synonymes, peuvent être utilisées pour retirer le programme BPF classique ou étendu attaché à un socket avec soit SO_ATTACH_FILTER soit SO_ATTACH_BPF. La valeur d’option est ignorée.
Récupérer le domaine de socket sous forme d’entier, en renvoyant une valeur telle que AF_INET6. Consultez socket(2) pour plus de détails. Cette option de socket peut être seulement lue.
Lire et effacer l'erreur en cours sur le socket. Cette option de socket peut être seulement lue. Un entier est attendu.
Ne pas émettre par l'intermédiaire d'une passerelle, n'envoyer qu'aux hôtes directement connectés. Le même effet peut être obtenu avec l'attribut MSG_DONTROUTE durant une opération send(2) sur le socket. Un attribut entier booléen est attendu.
Définir ou obtenir l’affinité CPU d’un socket. Un attribut entier est attendu.

int cpu = 1;
setsockopt(fd, SOL_SOCKET, SO_INCOMING_CPU, &cpu,

sizeof(cpu));

Parce que tous les paquets d’un flux unique (c’est-à-dire tous les paquets pour le même 4-tuple) arrivent sur une file d’attente RX unique qui est associée avec un CPU particulier, le cas d’utilisation classique est d’employer un processus d’écoute par file RX, avec le flux entrant géré par un écouteur sur le même CPU gérant la file RX. Cela fournit un comportement NUMA optimal et conserve les caches de CPU prêts.
Renvoyer un ID unique au niveau système, appelé ID NAPI qui est associé avec une file RX dans laquelle le dernier paquet associé à ce socket est reçu.
Cela peut être utilisé par une application qui sépare les flux entrants entre les threads d’exécution (worker) en se basant sur la file RX sur laquelle les paquets associés avec les flux sont reçus. Cela permet à chaque thread d’exécution d’être associé à une file de réception HW de NIC et de servir toutes les requêtes de connexion reçues sur cette file RX. Ce mappage entre un thread d’application et une file HW de NIC rationalise le flux de données du NIC vers l’application.
Activer l'émission de messages périodiques gardant le socket ouvert pour les sockets orientés connexion. Un attribut entier booléen est attendu.
Définir ou lire l'option SO_LINGER. L’argument est une structure linger.

struct linger {

int l_onoff; /* attente activée */
int l_linger; /* durée d'attente en secondes */ };

Lorsque ce paramètre est actif, un appel à close(2) ou shutdown(2) ne se terminera pas avant que tous les messages en attente pour le socket aient été correctement émis ou que le délai d'attente soit écoulé. Sinon, l'appel se termine immédiatement et la fermeture est effectuée en arrière-plan. Lorsque le socket est fermé au cours d'un exit(2), il attend toujours en arrière-plan.
Lorsqu'elle est établie cette option empêchera la modification des filtres associés au socket. Ces filtres incluent tous les ensembles issus des options de socket SO_ATTACH_FILTER, SO_ATTACH_BPF, SO_ATTACH_REUSEPORT_CBPF et SO_ATTACH_REUSEPORT_EBPF.
Le cas d’utilisation typique est celui d’un processus privilégié pour définir un socket brut (une opération nécessitant la capacité CAP_NET_RAW), appliquer un filtre restrictif, régler l’option SO_LOCK_FILTER et alors soit abandonner ses privilèges soit passer le descripteur de fichier du socket à un processus non privilégié à l’aide d’un socket de domaine UNIX.
Une fois que l’option SO_LOCK_FILTER a été activée, essayer de modifier ou de supprimer le filtre attaché à un socket, ou désactiver l’option SO_LOCK_FILTER échouera avec l’erreur EPERM.
Positionner la marque pour chaque paquet envoyé au travers de ce socket (similaire à la cible MARK de netfilter, mais pour les sockets). Le changement de marque peut être utilisé pour un routage par marques sans netfilter ou pour le filtrage de paquets. Utiliser cette option nécessite la capacité CAP_NET_ADMIN.
Si cette option est activée, les données hors bande sont placées directement dans le flux des données reçues. Sinon, elles ne sont transmises que si l'attribut MSG_OOB est défini durant la réception.
Autoriser ou interdire la réception des messages de contrôle SCM_CREDENTIALS. Pour plus de détails, consultez unix(7).
Autoriser ou interdire la réception des messages de contrôle SCM_SECURITY. Pour plus de détails, consultez unix(7).
Cette option, qui n'est à ce jour prise en charge que pour les sockets unix(7), définit la valeur de la première « position de lecture » (« peek offset ») pour l'appel système recv(2) lorsqu'il est invoqué avec l'attribut MSG_PEEK.
Lorsque cette option reçoit une valeur négative (elle est initialisée à -1 pour tout nouveau socket), elle se comporte classiquement : recv(2), avec l'attribut MSG_PEEK, lit les données au début de la file.
Lorsque l'option reçoit une valeur supérieure ou égale à zéro, alors la lecture suivante des données en file d’attente dans le socket est réalisée à la position précisée par la valeur de l'option. Dans le même temps, la « position de lecture » est incrémentée du nombre d'octets lus dans la file, de façon à ce que la prochaine lecture renvoie la donnée suivante dans la file.
Si des données sont retirées de la tête de la file par la fonction recv(2) (ou équivalent) sans l'attribut MSG_PEEK, alors la « position de lecture » est diminuée du nombre d'octets supprimés. Autrement dit, l'acquisition de données sans avoir recours à l'attribut MSG_PEEK a pour effet de modifier la « position de lecture », de sorte que la prochaine lecture renvoie les données qui auraient été renvoyées si aucune donnée n'avait été supprimée.
Pour les sockets de datagrammes, si la « position de lecture » pointe à l'intérieur d'un paquet, alors les données renvoyées seront marquées avec l'attribut MSG_TRUNC.
L'exemple suivant illustre l'usage de SO_PEEK_OFF. Imaginons un socket de flux contenant les données suivantes dans sa file :

aabbccddeeff
La séquence suivante d'appels à recv(2) aura l'effet décrit dans les commentaires :

int ov = 4;                  // réglage à 4 de la position de lecture
setsockopt(fd, SOL_SOCKET, SO_PEEK_OFF, &ov, sizeof(ov));
recv(fd, buf, 2, MSG_PEEK);  // Lit "cc"; position réglée à 6
recv(fd, buf, 2, MSG_PEEK);  // Lit "dd"; position réglée à 8
recv(fd, buf, 2, 0);         // Lit "aa"; position réglée à 6
recv(fd, buf, 2, MSG_PEEK);  // Lit "ee"; position réglée à 8

Renvoyer les accréditations du processus pair connecté à ce socket. Pour plus de détails, consultez unix(7).
Renvoyer le contexte de sécurité du socket pair connecté à ce socket. Pour plus de détails, consultez unix(7) et ip(7).
Définir la priorité définie par le protocole pour tous les paquets envoyés sur ce socket. Linux utilise cette valeur pour trier les files réseau : les paquets avec une priorité élevée peuvent être traités d'abord, en fonction de la gestion des files sur le périphérique sélectionné. Établir une priorité en dehors de l'intervalle allant de 0 à 6 nécessite la capacité CAP_NET_ADMIN.
Récupérer le protocole de socket sous forme d’entier, en renvoyant une valeur telle que IPPROTO_SCTP. Consultez socket(2) pour plus de détails. Cette option de socket peut être seulement lue et pas modifiée.
Définir ou lire la taille maximale en octets du tampon de réception. Le noyau double cette valeur (pour prévoir de l'espace pour les opérations de service) lorsque la valeur est définie avec setsockopt(2) et cette valeur doublée est retournée par getsockopt(2). La valeur par défaut est définie par le fichier /proc/sys/net/core/rmem_default et la valeur maximale autorisée est définie par le fichier /proc/sys/net/core/rmem_max. La valeur (doublée) minimale pour cette option est 256.
En utilisant cette option de socket, un processus privilégié (CAP_NET_ADMIN) peut exécuter la même tâche que SO_RCVBUF, mais la limite rmem_max peut être remplacée.
Indiquer le nombre minimal d'octets dans le tampon pour que la couche socket passe les données au protocole (SO_SNDLOWAT) ou à l'utilisateur en réception (SO_RCVLOWAT). Ces deux valeurs sont initialisées à 1. SO_SNDLOWAT n'est pas modifiable sur Linux (setsockopt(2) échoue avec l'erreur ENOPROTOOPT). SO_RCVLOWAT est modifiable seulement depuis Linux 2.4.
Avant Linux 2.6.28, select(2), poll(2) et epoll(7) ne respectaient pas le réglage SO_RCVLOWAT sur Linux et indiquaient un socket comme lisible même si un seul octet était disponible. Une prochaine lecture du socket bloquerait alors jusqu’à ce que SO_RCVLOWAT octets soient disponibles. Depuis Linux 2.6.28, select(2), poll(2) et epoll(7) indiquent qu’un socket est lisible uniquement si au moins SO_RCVLOWAT octets sont disponibles.
Indiquer le délai maximal d'émission ou de réception avant de signaler une erreur. Le paramètre est une structure timeval. Si une fonction d'entrée ou de sortie bloque pendant cet intervalle de temps et que des données ont été envoyées ou reçues, la valeur de retour de cette fonction sera la quantité de données transmises. Si aucune donnée n'a été transmise et si le délai d'attente est atteint, -1 est renvoyé et errno est positionné à EAGAIN ou EWOULDBLOCK, ou EINPROGRESS (pour connect(2)), comme si le socket avait été défini comme non bloquant. Si le délai d'attente est défini à zéro (valeur par défaut), l'opération ne sera jamais interrompue. Les délais n'ont d'effet que pour les appels système faisant des E/S sur des sockets (par exemple read(2), recvmsg(2), send(2), sendmsg(2)) ; ils n'ont pas d'effet pour select(2), poll(2), epoll_wait(2), etc.
Indiquer que les règles utilisées pour la validation des adresses fournies dans un appel à bind(2) doivent autoriser la réutilisation des adresses locales. Pour les sockets AF_INET, cela signifie que le socket peut être attaché à n'importe quelle adresse sauf lorsqu'un socket actif en écoute y est liée. Lorsque le socket en écoute est attaché à INADDR_ANY avec un port spécifique, il n'est pas possible de s'attacher à ce port quelle que soit l'adresse locale. L'argument est un attribut booléen entier.
Autoriser plusieurs sockets AF_INET ou AF_INET6 à être liés à une adresse identique de socket. Cette option doit être déclarée sur chaque socket (y compris le premier socket) avant d’appeler bind(2) sur le socket. Pour prévenir le détournement de port, tous les processus reliés à la même adresse doivent avoir le même UID effectif. Cette option peut être employée avec les sockets TCP et UDP.
Pour les sockets TCP, cette option autorise la répartition des charges accept(2) dans un serveur multithread pour être renforcée en utilisant un socket d’écoute pour chaque thread. Cela améliore la répartition des charges par rapport aux techniques traditionnelles telles qu’un unique thread accept(2)ant qui répartit les connexions ou d’avoir plusieurs threads qui rivalisent pour accept(2) à partir du même socket.
Pour les sockets UDP, l’utilisation de cette option peut procurer une meilleure répartition des datagrammes entrants vers plusieurs processus (ou threads) par rapport aux techniques traditionnelles d’avoir plusieurs processus rivalisant pour recevoir des datagrammes sur le même socket.
Indiquer qu'un message auxiliaire (cmsg) sous la forme d'une valeur non signée et codée sur 32 bits doit être joint aux tampons de socket (skb — socket buffer), indiquant le nombre de paquets perdus par le socket depuis sa création.
Quand cette option est activée sur un socket, une condition d’erreur sur un socket entraîne une notification pas seulement à l’aide de l’ensemble exceptfds de select(2). De la même façon, poll(2) renvoie aussi POLLPRI a chaque fois qu’un évènement POLLERR est renvoyé.
Contexte : cette option a été ajoutée depuis que le réveil sur une condition d’erreur se produisait seulement au travers des ensembles readfds et writefds de select(2). Cette option a été ajoutée pour permettre la supervision des conditions d’erreur à l’aide de l’argument exceptfds sans avoir simultanément à recevoir des notifications (à l’aide de readfds) pour des données régulières pouvant être lues à partir du socket. Après les changements dans Linux 4.16, l’utilisation de cet indicateur n’est plus nécessaire. Cette option est néanmoins conservée pour la rétrocompatibilité.
Définir ou lire la taille maximale en octets du tampon d'émission. Le noyau double cette valeur (pour prévoir de l'espace pour les opérations de service) lorsque la valeur est définie avec setsockopt(2), et cette valeur doublée est retournée par getsockopt(2). La valeur par défaut est définie par le fichier /proc/sys/net/core/wmem_default et la valeur maximale autorisée est définie par le fichier /proc/sys/net/core/wmem_max. La valeur (doublée) minimale pour cette option est 2048.
En utilisant cette option de socket, un processus privilégié (CAP_NET_ADMIN) peut exécuter la même tâche que SO_SNDBUF, mais la limite wmem_max peut être remplacée.
Activer ou désactiver la réception des messages de contrôle SO_TIMESTAMP. Le message de contrôle d'horodatage est envoyé avec le niveau SOL_SOCKET et un cmsg_type de SCM_TIMESTAMP. Le champ cmsg_data est une structure timeval indiquant la date de réception du dernier paquet fourni à l'utilisateur dans cet appel. Consultez cmsg(3) pour plus de détails sur les messages de contrôle.
Activer ou désactiver la réception des messages de contrôle SO_TIMESTAMPNS. Le message de contrôle d'horodatage est envoyé avec le niveau SOL_SOCKET et un cmsg_type de SCM_TIMESTAMPNS. Le champ cmsg_data est une structure timespec indiquant la date de réception du dernier paquet fourni à l'utilisateur dans cet appel. L’horloge utilisée pour l’horodatage est CLOCK_REALTIME. Consultez cmsg(3) pour plus de détails sur les messages de contrôle.
Un socket ne peut pas mélanger SO_TIMESTAMP et SO_TIMESTAMPNS, les deux modes sont mutuellement exclusifs.
Lire le type de socket, sous forme d'entier (par exemple, SOCK_STREAM). Cette option de socket peut être seulement lue, et pas modifiée.
Définir la durée approximative, en milliseconde, d’attente active de réception bloquante en absence de données. CAP_NET_ADMIN est nécessaire pour augmenter cette valeur. La valeur par défaut pour cette option est contrôlée par le fichier /proc/sys/net/core/busy_read.
La valeur dans le fichier /proc/sys/net/core/busy_poll détermine la durée pendant laquelle select(2) et poll(2) seront en attente active lors d’une opération sur des sockets avec SO_BUSY_POLL défini et qu’aucun événement à signaler n’est trouvé.
Dans les deux cas, l’attente active ne sera réalisée que lorsque les dernières données reçues par le socket proviennent d’un périphérique réseau qui prend en charge cette option.
Bien que l’attente active peut améliorer la latence de quelques applications, une attention particulière doit être portée à son utilisation puisque cela augmentera à la fois l’utilisation du processeur et la consommation de puissance.

Lors de l'écriture sur un socket orienté connexion qui a été fermé (localement ou à l'autre extrémité), le signal SIGPIPE est envoyé au processus qui écrivait et EPIPE est renvoyé. Le signal n'est pas envoyé lorsque l'appel d'écriture indiqué contenait l'attribut MSG_NOSIGNAL.

Lorsque demandé avec l'option FIOSETOWN de fcntl(2) ou l'option SIOCSPGRP de ioctl(2), le signal SIGIO est envoyé quand un événement d'entrée-sortie a lieu. Il est possible d'utiliser poll(2) ou select(2) dans le gestionnaire de signal pour savoir sur quel socket l'événement s'est produit. Une alternative (sous Linux 2.2) est de définir un signal en temps réel avec le fnctl(2) F_SETSIG. Le gestionnaire du signal en temps réel sera appelé avec le descripteur de fichier dans le champ si_fd de son siginfo_t. Consultez fcntl(2) pour plus d'informations.

Dans certains cas (par exemple, différents processus accédant au même socket), la condition ayant déclenché le signal SIGIO peut avoir déjà disparu quand le processus réagit au signal. Si cela se produit, le processus devrait attendre à nouveau, car Linux renverra ce signal ultérieurement.

Les paramètres réseau de base des sockets sont accessibles en utilisant les fichiers du répertoire /proc/sys/net/core/.

contient la taille en octets par défaut du tampon de réception du socket.
contient la taille maximale en octets du tampon de réception qu'un utilisateur peut définir avec l'option SO_RCVBUF du socket.
contient la taille en octets par défaut du tampon d'émission du socket.
contient la taille maximale en octets du tampon d'émission qu'un utilisateur peut définir avec l'option SO_SNDBUF du socket.
configurent le filtrage par seau à jetons (token bucket) utilisé pour limiter la charge des messages d'avertissement dus aux événements réseau extérieurs.
contient le nombre maximal de paquets dans la file d'entrée globale.
contient la taille maximale par socket des données auxiliaires et des données de contrôle utilisateur comme les « iovec ».

Ces opérations sont accessibles en utilisant ioctl(2) :


error = ioctl(ip_socket, type_ioctl, &valeur_résultat);
Renvoyer une structure timeval avec la date de réception du dernier paquet transmis à l'utilisateur. Cela est utile pour des mesures précises du temps de cheminement. Consultez setitimer(2) pour une description de la structure timeval. L'ioctl ne doit être utilisé que si les options SO_TIMESTAMP et SO_TIMESTAMPNS du socket ne sont pas définies. Sinon, la date du dernier paquet reçu quand SO_TIMESTAMP et SO_TIMESTAMPNS n'étaient pas définies est renvoyée, ou un échec est constaté si de tels paquets ne sont pas reçus (c'est-à-dire que ioctl(2) renvoie -1 avec un errno défini à ENOENT).
Définir le processus ou le groupe de processus qui doivent recevoir les signaux SIGIO ou SIGURG quand les E/S deviennent possibles ou que des données urgentes sont disponibles. L’argument est un pointeur vers un pid_t. Pour d’autres détails, consultez la description de F_SETOWN dans fcntl(2).
Changer l'attribut O_ASYNC pour activer ou désactiver le mode d'entrée-sortie asynchrone du socket. Un mode d'entrée-sortie asynchrone signifie que le signal SIGIO ou le signal défini avec F_SETSIG est envoyé quand un événement d'entrée-sortie se produit.
Le paramètre est un entier booléen. (Cette opération est synonyme de l'utilisation de fcntl(2) pour définir l'attribut O_ASYNC).
Lire le processus ou le groupe de processus en cours auquel les signaux SIGIO ou SIGURG sont envoyés. Zéro est obtenu quand aucun n'est défini.

Opérations fcntl(2) valables :

Identique à l'ioctl(2) SIOCGPGRP.
Identique à l'ioctl(2) SIOCSPGRP.

SO_BINDTODEVICE a été introduit dans Linux 2.0.30. SO_PASSCRED est une nouveauté de Linux 2.2. Les interfaces /proc ont été introduites dans Linux 2.2. SO_RCVTIMEO et SO_SNDTIMEO sont gérés depuis Linux 2.3.41. Auparavant, les délais d'attente étaient définis selon un réglage spécifique aux protocoles et ne pouvaient être ni lus ni modifiés.

Linux suppose que la moitié du tampon d'émission/réception est utilisé pour les structures internes du noyau. Ainsi les valeurs dans les fichiers /proc correspondants sont deux fois plus grandes que ce que l'on peut observer directement sur le câble.

Linux ne permettra la réutilisation des ports qu'avec l'option SO_REUSEADDR lorsque celle-ci sera définie à la fois par le précédent programme qui a effectué un bind(2) sur le port et par le programme qui veut réutiliser ce port. Cela diffère de certaines implémentations (par exemple, sur FreeBSD) où seul le dernier programme doit définir l'option SO_REUSEADDR. Habituellement, cette différence est invisible, puisque, par exemple, un programme serveur est conçu pour toujours définir cette option.

wireshark(1), bpf(2), connect(2), getsockopt(2), setsockopt(2), socket(2), pcap(3), address_families(7), capabilities(7), ddp(7), ip(7), ipv6(7), packet(7), tcp(7), udp(7), unix(7), tcpdump(8)

Cette page fait partie de la publication 5.13 du projet man-pages Linux. Une description du projet et des instructions pour signaler des anomalies et la dernière version de cette page peuvent être trouvées à l'adresse https://www.kernel.org/doc/man-pages/.

La traduction française de cette page de manuel a été créée par Christophe Blaess https://www.blaess.fr/christophe/, Stéphan Rafin <stephan.rafin@laposte.net>, Thierry Vignaud <tvignaud@mandriva.com>, François Micaux, Alain Portal <aportal@univ-montp2.fr>, Jean-Philippe Guérard <fevrier@tigreraye.org>, Jean-Luc Coulon (f5ibh) <jean-luc.coulon@wanadoo.fr>, Julien Cristau <jcristau@debian.org>, Thomas Huriaux <thomas.huriaux@gmail.com>, Nicolas François <nicolas.francois@centraliens.net>, Florentin Duneau <fduneau@gmail.com>, Simon Paillard <simon.paillard@resel.enst-bretagne.fr>, Denis Barbier <barbier@debian.org>, David Prévot <david@tilapin.org>, Cédric Boutillier <cedric.boutillier@gmail.com>, Frédéric Hantrais <fhantrais@gmail.com> et Jean-Paul Guillonneau <guillonneau.jeanpaul@free.fr>

Cette traduction est une documentation libre ; veuillez vous reporter à la GNU General Public License version 3 concernant les conditions de copie et de distribution. Il n'y a aucune RESPONSABILITÉ LÉGALE.

Si vous découvrez un bogue dans la traduction de cette page de manuel, veuillez envoyer un message à debian-l10n-french@lists.debian.org.

22 mars 2021 Linux