CLOCK_NANOSLEEP(2) Manuel du programmeur Linux CLOCK_NANOSLEEP(2)

clock_nanosleep - Sommeil haute résolution avec horloge spécifique

#include <time.h>
int clock_nanosleep(clockid_t clockid, int flags,
                    const struct timespec *request,
                    struct timespec *remain);

Lier avec -lrt (seulement pour les versions de glibc antérieures à 2.17).

Exigences de macros de test de fonctionnalités pour la glibc (consulter feature_test_macros(7)) :

clock_nanosleep() :

_POSIX_C_SOURCE >= 200112L

Comme nanosleep(2), clock_nanosleep() permet au thread appelant de sommeiller pendant une durée indiquée avec une précision de l’ordre de la nanoseconde. Il diffère de nanosleep(2) dans le fait qu'il permet à l'appelant de choisir l'horloge avec laquelle la durée du sommeil sera mesurée et d'indiquer une valeur absolue ou relative pour la durée du sommeil.

Les valeurs de temps passées et retournées par cet appel sont spécifiées dans des structures timespec définies comme suit :


struct timespec {
    time_t tv_sec;        /* secondes */
    long   tv_nsec;       /* nanosecondes [0 .. 999999999] */
};

L'argument clockid précise l'horloge avec laquelle sera mesurée la durée du sommeil. Cet argument doit être l'une des valeurs suivantes :

CLOCK_REALTIME
Une horloge temps réel configurable à l'échelle du système.
CLOCK_TAI (depuis Linux 3.10)
Horloge dérivée d'une pendule mais qui ignore le franchissement de seconde.
CLOCK_MONOTONIC
Une horloge monotonique, non configurable, mesurant le temps depuis un instant du passé non spécifié qui ne change pas après le démarrage du système.
CLOCK_BOOTIME (depuis Linux 2.6.39)
Identique à CLOCK_MONOTONIC, mais elle englobe toute la durée durant laquelle le système est en veille.
CLOCK_PROCESS_CPUTIME_ID
Une horloge configurable par processus mesurant le temps processeur consommé par tous les threads du processus.

Voir clock_getres(2) pour plus de détails sur ces horloges. En outre, les identifiants de l'horloge du processeur renvoyés par clock_getcpuclockid(3) et pthread_getcpuclockid(3) peuvent aussi être passés en tant que clockid.

Si flags vaut 0, la valeur indiquée dans request est interprétée comme une durée relative à la valeur actuelle de l'horloge indiquée dans clockid.

Si flags vaut TIMER_ABSTIME, request est interprété comme un temps absolu tel qu'il est mesuré par l'horloge clockid. Si request est inférieur ou égal à la valeur actuelle de l'horloge, clock_nanosleep() renvoie immédiatement sans suspendre le thread appelant.

clock_nanosleep() suspend l'exécution du thread appelant jusqu'à ce que soit le temps indiqué dans request se soit écoulé, soit un signal a été délivré provoquant l'appel d'un gestionnaire de signal ou la fin du processus.

Si l'appel a été interrompu par un gestionnaire de signal, clock_nanosleep() échoue et renseigne errno avec EINTR. De plus, si remain n'est pas NULL et si flags n'est pas TIMER_ABSTIME, il renvoie dans remain le temps de sommeil non consommé. Cette valeur peut être ensuite utilisée pour rappeler clock_nanosleep() et achever un sommeil (relatif).

Après un sommeil complet de la durée souhaitée, clock_nanosleep() renvoie 0. Si l'appel système est interrompu par un gestionnaire de signal ou rencontre une erreur, il renvoie un des codes d'erreur positifs listés dans ERREURS.

EFAULT
request ou remain n'indique pas une adresse valable.
EINTR
Le sommeil a été interrompu par un gestionnaire de signal ; voir signal(7).
EINVAL
La valeur du champ tv_nsec n'est pas dans l'intervalle 0 à 999 999 999 ou tv_sec est négatif.
EINVAL
clockid n'est pas valable. (CLOCK_THREAD_CPUTIME_ID n'est pas une valeur permise pour clockid.)
ENOTSUP
Le noyau ne prend pas en charge le sommeil avec cette clockid.

L'appel système clock_nanosleep() a été introduit dans le noyau Linux dans sa version 2.6. La prise en charge dans la glibc est disponible depuis la version 2.1.

POSIX.1-2001, POSIX.1-2008.

Si la durée indiquée dans request n'est pas un multiple exact de la granularité de l'horloge sous-jacente (consultez time(7)), la durée sera alors arrondie au multiple supérieur. De plus, lorsque le sommeil sera achevé, il y a toujours un délai avant lequel le processeur redevienne libre pour exécuter le thread appelant.

L'utilisation d'une temporisation absolue est utile pour prévenir les problèmes de dérive de temps du type de ceux décrits dans nanosleep(2). (De tels problèmes sont exacerbés dans les programmes qui essaient de relancer un sommeil relatif interrompu de manière répétitive par des signaux.) Pour réaliser un sommeil qui s'affranchisse de ces problèmes, appelez clock_gettime(2) pour l'horloge souhaitée, ajoutez la durée voulue à la valeur de temps renvoyée, appelez ensuite clock_nanosleep() avec l'attribut TIMER_ABSTIME.

clock_nanosleep() n'est jamais relancé après avoir été interrompu par un gestionnaire de signal, que l'on ait ou non utilisé l'attribut SA_RESTART de sigaction(2).

L'argument remain n'est pas utilisé et n'est pas nécessaire lorsque flags vaut TIMER_ABSTIME. (Un sommeil absolu peut être relancé en utilisant le même argument request.)

POSIX.1 précise que clock_nanosleep() n'a aucun effet sur les dispositions de signaux ou sur le masque de signaux.

POSIX.1 précise qu'après avoir modifié la valeur de l'horloge CLOCK_REALTIME avec clock_settime(2), la nouvelle valeur de l'horloge doit être utilisée pour déterminer l'heure à laquelle un thread bloqué avec un appel clock_nanosleep() absolu se réveillera ; si la valeur de la nouvelle horloge dépasse la durée du sommeil, l'appel système, clock_nanosleep() renvoie immédiatement.

POSIX.1 précise que modifier la valeur de l'horloge CLOCK_REALTIME avec clock_settime(2) n'a pas d'effet sur un thread bloqué par un appel clock_nanosleep() relatif.

clock_getres(2), nanosleep(2), restart_syscall(2), timer_create(2), sleep(3), usleep(3), time(7)

Cette page fait partie de la publication 5.11 du projet man-pages Linux. Une description du projet et des instructions pour signaler des anomalies et la dernière version de cette page, peuvent être trouvées à l'adresse https://www.kernel.org/doc/man-pages/.

La traduction française de cette page de manuel a été créée par Christophe Blaess https://www.blaess.fr/christophe/, Stéphan Rafin <stephan.rafin@laposte.net>, Thierry Vignaud <tvignaud@mandriva.com>, François Micaux, Alain Portal <aportal@univ-montp2.fr>, Jean-Philippe Guérard <fevrier@tigreraye.org>, Jean-Luc Coulon (f5ibh) <jean-luc.coulon@wanadoo.fr>, Julien Cristau <jcristau@debian.org>, Thomas Huriaux <thomas.huriaux@gmail.com>, Nicolas François <nicolas.francois@centraliens.net>, Florentin Duneau <fduneau@gmail.com>, Simon Paillard <simon.paillard@resel.enst-bretagne.fr>, Denis Barbier <barbier@debian.org>, David Prévot <david@tilapin.org> et Jean-Philippe MENGUAL <jpmengual@debian.org>

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22 mars 2021 Linux